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D’opérateur de téléphonie à intégrateur télécom

L'idée

La libéralisation du marché des télécoms en France à l’orée des années 2000 permit l’émergence de nombreux acteurs. Initialement positionnés sur des forfaits minutes, ceux-ci évoluèrent au cours de la décennie en véritables intégrateurs de systèmes téléphoniques plaçant le service au coeur de leur offre. A ce titre, l’histoire de Napsis est emblématique et constitue un bon exemple de l’évolution du secteur.

La téléphonie d’entreprise dans les années 90

Téléphone fixe, opérateur unique et infrastructure physique

En ce temps, la téléphonie d’entreprise vivait sereinement son avènement. En effet, les PABX équipaient depuis les années 80 la plupart des organisations, et le mobile naissait tout juste. Installé sur site, le PABX servait d’autocommutateur téléphonique privé pour les sociétés. Il nécessitait un câblage spécifique afin d’être raccordé au RTC (Réseau Téléphonique Commuté public) via des accès T0 et T2. Les entreprises se retrouvaient enfin maître de leur standard téléphonique. Mais pas de leurs abonnements téléphoniques, ni de leurs consommations facturées à prix d’or ! En effet, dans ce domaine, France Télécom, opérateur historique, conservait un monopole, notamment sur les prix pratiqués.

1998, les entreprises entrent sur le marché des télécoms

Conformément aux recommandations européennes, le marché français des télécommunications s’ouvrit officiellement à la concurrence le 1er janvier 1998, à l’exception des services de téléphonie locale. A la fin de la décennie, une centaine de licences d’opérateur de télécommunications était distribuée. Mais ces concurrents de l’opérateur historique ne pouvaient pas proposer d’abonnements téléphoniques. Ils se rabattirent donc sur un autre segment : les communications.

Plusieurs opérateurs pour un appel

A l’époque, un abonnement de téléphonie fixe, contrairement aux abonnements mobiles, n’intégrait pas de temps de communication inclus chaque mois dans le prix. Donc en plus de l’abonnement, ces communications étaient tarifées à la minute. Et le coût de ces appels variait selon la région ou le pays de destination et l’heure de l’appel (local, régional, national ou mobile, à l’étranger, en heures creuses, etc.)

La préselection permettait donc de passer par un opérateur différent de France Télécom, qui conservait tout de même l’abonnement, pour acheminer ses appels. Ainsi, le client se retrouvait avec au moins 2 factures : l’une de France Télécom pour son abonnement, et l’autre émanant de l’opérateur sélectionné pour ses minutes de communications.

Une entreprise pouvait ainsi souscrire jusqu’à 4 ou 5 opérateurs (pour autant de factures) selon le préfixe d’appel, tout en jonglant avec les horaires et la région à appeler pour optimiser les coûts. En ce temps, téléphoner s’apparentait à un numéro d’équilibriste… En effet, on devait ajouter un « préfixe » devant le numéro appelé pour choisir son opérateur d’acheminement !

Dégroupage et téléphonie nouvelle génération

Une nouvelle entreprise donne de la voix

Malgré les directives européennes concernant l’ouverture du marché en 1998, France Télécom resta incontournable durant un certain temps. Mais le 1er janvier 2001, les lignes s’ouvrirent enfin avec ce qu’on nomma le dégroupage.

Universal Connect fut créé dans ce contexte de libéralisation du marché en se positionnant sur 2 offres : la voix (préselection) et la data (accès internet et VPN MPLS) en marque blanche. Mais un grand nombre d’acteurs, plus d’une centaine, proposait déjà des services de préselection locale et/ou nationale. Dans ce contexte, difficile de se démarquer sur un marché saturé en commercialisant un produit avec peu de valeur ajoutée…

L’arrivée de la téléphonie sur IP

Un espoir de développement survint alors au détour d’un salon en Allemagne avec la découverte d’un éditeur de téléphonie sur IP. Et si l’avenir de la téléphonie d’entreprise résidait dans cette nouvelle technologie ? Suite à cela, Universal Connect proposa son premier IPBX installable sur serveur mais plusieurs démonstrations ne donnèrent pas suite. La technologie, à ses débuts, présentait un challenge bien plus grand que la vente de minutes de communications…

Puis, en 2005, Michaël GUERRAND, fondateur d’Universal Connect, rencontra au détour d’un salon les fondateurs de B3G. Créé en 2001, cet opérateur pariait alors sur le tout IP. Un pari audacieux à une époque où le PABX restait le maître incontesté. Une solution retint particulièrement son attention : l’IP-Centrex.

L’appel du Centrex, une question de timing

« Si l’offre [Centrex] est assez récente, nous avons pu éprouver cette technologie de téléphonie sur IP. Nous ciblons les entreprises qui renouvellent leur PABX ou qui créent une nouvelle implantation. »

Ces paroles furent prononcées en 2003 par le responsable de la société Western Télécom, opérateur alternatif alors côté en bourse. 3 ans plus tard la société n’existait plus. Car la technologie Centrex, qui proposait alors quelque chose d’inédit, à savoir externaliser l’IPBX, était encore loin de faire ses preuves au début des années 2000. Trop précurseur, l’opérateur n’avait pas rencontré le marché. Mais en 2005, des signes montraient l’influence grandissante de la Voix sur IP : bien que ne représentant que 5% du parc des PBX, la téléphonie sur IP connaissait une croissance de 50% en 2004. Et les débits disponibles ne cessaient de croître, facilitant l’utilisation d’un terminal IP et diminuant les risques de dysfonctionnements.

D’opérateur voix à intégrateur de téléphonie pour les entreprise

D’opérateur à installateur

Si les entreprises adoptèrent le Centrex avec entrain au milieu des années 2000, son arrivée bouscula leur LAN. Fax, alarmes et minitels (et oui…) posèrent de nombreux soucis lors des 1ères installations. Universal Connect dut, comme bon nombre d’acteurs à cette époque, faire preuve de patience pour résoudre les effets de bord et acquérir une précieuse expérience dans le domaine. Au fil des projets qui se développaient, et des recrutements qui augmentaient, la société passait ainsi de simple opérateur à opérateur installateur. Il n’était plus seulement question de vendre des équipements ou des forfaits, il fallait désormais installer du matériel comme des routeurs. Le temps de la préselection semblait déjà bien loin.

Création d’une entreprise spécialisée dans la téléphonie IP : Iperlink

Le Centrex présente un double avantage : celui-ci peut être installé partout, tout en étant maintenu à distance. Pour cette raison, de nombreux opérateurs, jusqu’alors locaux, purent commercialiser leur offre Centrex à l’échelle nationale. C’est dans ce contexte que la société Iperlink vit le jour en 2006, au moment où Universal Connect cherchait à élargir son positionnement d’opérateur téléphonique. La nouvelle société se spécialisa d’emblée dans la téléphonie IP et le Centrex.

Iperlink entretint très vite une relation de proximité avec Universal Connect : échanges d’informations techniques, voir collaboration sur certains dossiers etc. La montée en compétences sur un domaine de plus en plus technique impliquait de s’ouvrir à son environnement et certains de ses concurrents. En plusieurs années, toutes deux intégrèrent le top 3 de leur domaine d’activité, chacune sur son territoire. Les deux entreprises évoluaient ainsi au même rythme sur un domaine qui évoluait toujours plus rapidement…

La téléphonie rencontre les réseaux informatiques

Grâce au protocole IP, informatique et téléphonie parlaient enfin le même langage. Il était donc logique que ces derniers ne cessent de converger.

En effet, si on entend souvent parler d’intégrateur informatique ou de logiciels, la définition d’intégrateur n’implique pas une exclusivité à l’informatique. L’intégrateur maîtrise une ou plusieurs technologies mais se différencie par sa capacité à personnaliser celles-ci. Il se détache ainsi de l’installateur et apporte cette notion d’assemblage qui lui est propre.

Alors que la convergence entre la téléphonie et l’informatique ouvrait de nouvelles possibilités, et que le champs des télécoms s’élargissait grâce au Cloud et au Très Haut Débit, Universal Connect et Iperlink étoffaient leur expertise et abordaient les projets de téléphonie de leurs clients sous un œil nouveau : celui de l’intégrateur.

L’apparition des appareils mobiles, la consommation croissante de données ou encore le très haut débit et la fibre étoffaient les offres et esquissaient des possibilités toujours plus grandes. 

En s’intégrant au réseau informatique, l’intégration de la téléphonie nécessitait une nouvelle approche : plus de transversalité, collaboration de compétences plus poussées, intégrations sur-mesures etc. Il ne s’agissait plus de vendre seulement des minutes comme un fournisseur mais d’associer l’offre technique d’un opérateur télécom à l’accompagnement d’une société de conseil.

Et alors les murs qui séparaient l’informatique des télécoms tombaient, que de nombreux opérateurs créés dans la foulée de libéralisation du secteur des télécommunication s’éteignaient faute de s’adapter aux évolutions du marché, Universal Connect et Iperlink fusionnèrent pour donner naissance à une nouvelle entreprise : Napsis.

Napsis accompagne, depuis plus de 20 ans, près de 4500 entreprises et collectivités partout en France pour optimiser et faire évoluer leurs services télécoms.