Fibre pro entreprise : que choisir entre la FTTH ou la FTTO ?
Les besoins en débit des entreprises doublent tous les 18 mois. Entre la fibre FTTH mutualisée et la fibre FTTO dédiée, le choix conditionne la performance, la résilience et le budget télécom de toute l'organisation. Ce guide compare les deux technologies, leurs prix, leurs garanties, et propose une méthode pour choisir la bonne fibre pro selon la criticité réelle de votre activité.
Un câble de fibre optique, en soi, ne transporte que de la lumière. Mais la manière dont ce câble arrive jusqu’à vos locaux, la façon dont il est partagé ou non avec d’autres abonnés, et les engagements que votre opérateur prend dessus transforment cette lumière en un choix stratégique. Depuis cinq ans, les besoins en bande passante des entreprises françaises doublent environ tous les dix-huit mois. La généralisation du cloud, l’explosion de la visioconférence et la multiplication des outils SaaS ont rendu la connexion internet aussi vitale que le courant électrique. Une coupure de quelques heures ne signifie plus seulement « pas d’email ». Celle-ci peut également paralyser un ERP, couper une chaîne logistique ou rendre un centre d’appels muet.
Face à cette réalité, la fibre optique s’est imposée comme le socle du très haut débit professionnel. Mais parler de « fibre entreprise » sans préciser de quoi on parle revient à dire qu’on prend « un véhicule » sans distinguer l’utilitaire du poids lourd. Deux grandes familles de fibre pro dominent le marché : la FTTH, mutualisée et accessible, et la FTTO, dédiée et garantie. Ce guide décortique leurs différences réelles, leurs prix, le processus de raccordement, et propose une méthode concrète pour déterminer laquelle correspond à votre entreprise.
Fibre FTTx : comprendre l’architecture avant de choisir
L’acronyme FTTx (Fiber To The x) désigne toute architecture réseau qui rapproche la fibre optique de l’utilisateur final. Pendant longtemps, la fibre servait uniquement dans le cœur de réseau des opérateurs, tandis que le « dernier kilomètre », c’est-à-dire la portion finale du réseau reliant physiquement les infrastructures de l’opérateur au site de l’abonné, reposait sur le cuivre. L’ambition du FTTx est de supprimer cette portion cuivre, ou du moins de la réduire au maximum, pour offrir des débits que le vieux réseau ne pourra jamais atteindre.
La lettre qui remplace le « x » indique jusqu’où la fibre est tirée physiquement. FTTS (Fiber To The Street) s’arrête au niveau de la rue. FTTLA (Fiber To The Last Amplifier) va jusqu’au dernier amplificateur du réseau câblé. FTTE (Fiber To The Enterprise) et FTTO (Fiber To The Office) atteignent directement les locaux professionnels. FTTH (Fiber To The Home) dessert les logements et, par extension, les petits locaux d’entreprise situés dans des immeubles résidentiels ou mixtes.
Parmi cette dizaine de variantes, deux concentrent l’essentiel de l’offre commerciale à destination des entreprises : la fibre FTTH et la fibre FTTO. Leurs différences ne se résument pas à une question de débit. Elles engagent des architectures réseau distinctes, des modèles économiques opposés et des niveaux de garantie qui n’ont rien à voir. Pour bien choisir, il faut comprendre ce qui les sépare.
La fibre FTTH : la fibre pro mutualisée
La fibre FTTH (Fiber To The Home) part du nœud de raccordement optique (NRO) de l’opérateur et chemine jusqu’à un Point de Mutualisation de Zone (PMZ), situé en général dans la rue ou au pied de l’immeuble. À partir de ce point, le signal optique est réparti entre plusieurs abonnés via un coupleur passif. Concrètement, la bande passante est partagée. Si le réseau est dimensionné pour 2,5 Gb/s en aval du PMZ et que trente-deux abonnés y sont raccordés, chacun se partage cette capacité globale.
Dans la pratique, ce partage passe inaperçu la majeure partie du temps. Les opérateurs dimensionnent leurs réseaux pour que la congestion reste rare. Mais aux heures de pointe, lorsque les usages résidentiels et professionnels se télescopent sur le même arbre optique, des ralentissements peuvent survenir. Le débit affiché « jusqu’à 1 Gb/s » sur la fiche commerciale est un maximum théorique, pas un engagement. Certains opérateurs proposent désormais du FTTH à 8 Gb/s en descendant, ce qui augmente le plafond mais ne change pas la nature mutualisée du lien.
Son coût, abordable, reste son avantage majeur. Le partage de l’infrastructure entre des dizaines d’abonnés permet de proposer des abonnements professionnels mensuels tout à fait abordables, selon le débit et les services associés. Pour une TPE de cinq personnes qui utilise principalement la messagerie, un CRM en ligne et la navigation web, le lien FTTH remplit parfaitement sa mission.
En revanche, la fibre FTTH ne propose généralement pas de débit symétrique. Le flux descendant (download) est bien supérieur au flux montant (upload). Pour une entreprise qui envoie régulièrement des fichiers volumineux, alimente un serveur distant ou utilise intensivement la visioconférence HD, cette asymétrie peut devenir un goulot d’étranglement. Et surtout, aucune GTR (Garantie de Temps de Rétablissement) n’accompagne le service. En cas de panne, l’opérateur intervient en « best effort », c’est-à-dire selon une obligation de moyens et non de résultat, sans engagement contractuel de délai précis pour le rétablissement du service.
La fibre FTTO : la fibre dédiée entreprise
La fibre FTTO (Fiber To The Office) repose sur un principe radicalement différent. Le câble optique relie directement les locaux de l’entreprise au NRO, sans passer par un point de mutualisation partagé avec d’autres abonnés. Le débit est intégralement réservé au client, du premier au dernier octet. Pas de coupleur, pas de partage, pas de dépendance aux usages des voisins.
Cette architecture dédiée autorise des débits qui peuvent atteindre 10 Gb/s, et le lien est par nature symétrique. A ce titre, les capacités d’envoi égalent les capacités de réception. Pour une entreprise qui opère un système téléphonique IP avec plusieurs dizaines de postes, qui raccorde des sites distants via un réseau MPLS, ou qui héberge en interne des applicatifs accessibles à ses partenaires, cette symétrie change la donne.
Mais l’atout principal de la fibre dédiée réside dans ses engagements contractuels. Un contrat FTTO inclut systématiquement une GTR, fixée en général à quatre heures ouvrées. Si la connexion tombe, l’opérateur s’engage à rétablir le service dans ce délai, sous peine de pénalités. Un monitoring proactif surveille en permanence l’état du lien, et l’entreprise dispose d’un accès prioritaire au support technique. La fibre FTTO n’est pas seulement une question de débit, mais d’architecture de connectivité, pensée pour les organisations dont l’activité dépend fortement de leur accès réseau.
Cette qualité de service a un prix. Les abonnements FTTO oscillent entre plusieurs centaines, voir milliers d’euros. À cela s’ajoutent des frais de raccordement qui peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros lorsque le bâtiment est éloigné du NRO et qu’il faut tirer un câble dédié sur une longue distance. Un investissement conséquent, que les ETI et grandes entreprises absorbent sans difficulté, mais qui freine légitimement beaucoup de PME.

Architecture comparée des fibres FTTH et FTTO : d’un côté la mutualisation du signal à partir du point de mutualisation de zone, de l’autre un lien optique dédié de bout en bout jusqu’aux locaux de l’entreprise.
Comparatif FTTH vs FTTO : ce qui fait vraiment la différence
Le débit, au-delà des chiffres marketing
Le FTTH affiche aujourd’hui des débits descendants pouvant atteindre 1 à 8 Gb/s selon les offres. Le FTTO monte jusqu’à 10 Gb/s. Mais la comparaison brute des chiffres de débit masque l’essentiel. Sur un lien FTTH, le débit annoncé est un plafond théorique soumis au taux de contention du réseau. Sur un lien FTTO, le débit souscrit est un engagement. Si vous payez pour 500 Mb/s symétriques, vous disposez de 500 Mb/s symétriques en permanence, y compris à 14h un mardi quand tous vos collaborateurs sont en visioconférence.
L’autre écart concerne la symétrie. La majorité des offres FTTH proposent un débit montant quatre à dix fois inférieur au débit descendant. Une offre FTTH à 1 Gb/s descendant offrira typiquement 200 à 500 Mb/s en montant. Le FTTO, lui, propose un débit identique dans les deux sens. Cette symétrie pèse lourd pour les entreprises qui sauvegardent leurs données dans le cloud, alimentent un ERP distant ou opèrent des flux de visioconférence simultanés.
La GTR, le vrai clivage
La Garantie de Temps de Rétablissement est le critère qui, en pratique, départage la fibre mutualisée de la fibre dédiée plus que tout autre. En FTTH, l’opérateur ne s’engage sur aucun délai de remise en service. Une panne peut être résolue en quelques heures comme en plusieurs jours, selon la nature de l’incident et la charge des équipes d’intervention. En FTTO, la GTR contractuelle de quatre heures (parfois ramenée à deux heures sur les offres premium) transforme la connectivité en service industriel.
Pour mesurer la valeur de cette garantie, un calcul simple suffit : estimez le coût d’une heure d’interruption complète pour votre entreprise. Si une journée sans internet représente quelques échanges d’emails reportés, la GTR n’est pas un besoin vital. Si elle signifie un entrepôt logistique paralysé, un plateau téléphonique silencieux ou un site e-commerce hors ligne, alors le surcoût du FTTO est un investissement, pas une dépense.
La QoS
Au-delà du débit brut et de la symétrie, la fibre FTTO ouvre une possibilité que le FTTH ne peut pas offrir avec le même niveau de fiabilité, à savoir la priorisation intelligente des flux, communément appelée QoS (Quality of Service).
Sur un lien dédié dont la bande passante est garantie, l’entreprise peut configurer des règles précises au niveau du routeur pour hiérarchiser ses usages. La voix sur IP, par exemple, se voit attribuer une priorité absolue afin d’éviter toute micro-coupure ou latence perceptible en conversation. L’ERP et les applicatifs métiers bénéficient d’un niveau de priorité élevé, tandis que la navigation web générale et les mises à jour logicielles absorbent la bande passante restante.
Cette granularité dans le traitement des flux transforme une simple connexion internet en une infrastructure réseau pilotée, où chaque application reçoit exactement les ressources dont elle a besoin.
Les prix : combien coûte réellement la fibre pro ?
Le sujet des tarifs est souvent traité de manière évasive par les opérateurs, chaque offre dépendant de paramètres locaux. Quelques repères concrets permettent toutefois de cadrer la réflexion.
Pour la fibre FTTH en usage professionnel, les abonnements mensuels se situent entre 30 et 100 € HT. Les frais de mise en service sont souvent inclus ou limités à quelques centaines d’euros. Le raccordement est généralement pris en charge par l’opérateur d’immeuble si le bâtiment est déjà fibré.
Pour la fibre FTTO, la fourchette mensuelle s’étend de 200 € HT pour un lien à 20 Mb/s symétriques jusqu’à 1 500 € HT et au-delà pour du 1 Gb/s symétrique avec GTR renforcée. Les frais de raccordement constituent le poste variable le plus important. Ceux-ci vont de zéro euro lorsque le NRO est proche et le bâtiment déjà desservi, à plusieurs milliers d’euros lorsqu’un génie civil est nécessaire.
Rapporté au nombre de collaborateurs, l’écart se relativise. Une fibre FTTO à 500 € HT par mois pour une entreprise de 80 personnes représente à peine 6 € par salarié. Ramené à la valeur de la continuité de service, le ratio devient souvent acceptable, y compris pour des PME structurées.
Quelle fibre pro choisir selon votre profil d’entreprise ?
Le parallèle avec l’ancien monde ADSL / SDSL
Le choix entre FTTH et FTTO rappelle trait pour trait celui que les entreprises devaient faire, il y a dix ans, entre ADSL et SDSL. D’un côté une connexion abordable, asymétrique, sans garantie. De l’autre un lien plus cher, symétrique, avec une GTR. Les arguments n’ont pas changé. Le support physique, lui, a radicalement évolué. Nous sommes passés du cuivre à la fibre, et les débits ont été multipliés par cent. Mais l’équation économique reste la même, ce qui confirme que le vrai sujet n’est pas le débit, mais la criticité.
Des milliers d’entreprises ont fonctionné pendant des années avec une simple ligne ADSL. D’autres n’auraient jamais pu se passer du SDSL. La même logique s’applique aujourd’hui avec la fibre.
La criticité comme boussole de décision
Plutôt que de comparer des fiches techniques, la méthode la plus fiable consiste à répondre à une seule question : quelle est la criticité de ma connexion internet pour mon chiffre d’affaires ?
Si une coupure de 24 heures ne provoque que des désagréments organisationnels mineurs, sans impact direct sur le revenu ni sur la relation client, une fibre FTTH pro offre un rapport performance/prix difficile à battre. Si, à l’inverse, chaque heure sans connexion se traduit par des pertes mesurables, qu’il s’agisse d’un site marchand inaccessible, d’un plateau de relation client muet ou d’une chaîne de production connectée à l’arrêt, le FTTO devient un impératif opérationnel.
Entre ces deux extrêmes, beaucoup d’entreprises se trouvent dans une zone grise. C’est précisément là que la complémentarité entre les deux technologies prend tout son sens.
La stratégie multi-liens : FTTH + FTTO
Opposer FTTH et FTTO comme deux options mutuellement exclusives est une erreur que beaucoup d’opérateurs entretiennent, souvent pour orienter vers l’offre la plus rentable. Dans les faits, les deux fibres fonctionnent remarquablement bien ensemble dans une architecture à double lien.
Le principe est limpide. Le lien FTTO porte les applications critiques, telles que la téléphonie IP, l’ERP, l’interconnexions de sites ou les accès aux applicatifs métiers. Sa GTR protège ces flux vitaux. **Le lien FTTH assure la navigation internet générale, les mises à jour logicielles, les flux vidéo non critiques, et sert de connexion de secours en cas de défaillance du lien principal. ** Cette architecture apporte à la fois résilience et rationalisation budgétaire. Au lieu de surdimensionner un unique lien FTTO pour absorber tous les usages, l’entreprise répartit intelligemment ses flux selon leur importance. Le résultat est souvent un coût global inférieur à celui d’un seul lien FTTO à très haut débit, avec une disponibilité supérieure grâce à la redondance.
Pour les entreprises multi-sites, cette logique s’étend naturellement au réseau d’entreprise global, où chaque site se voit attribuer un ou deux liens dimensionnés selon sa criticité propre.
Installation et raccordement fibre en entreprise : le déroulement concret
L’un des freins les plus fréquents à l’adoption de la fibre pro tient à la méconnaissance du processus de raccordement. Beaucoup d’entreprises imaginent des travaux lourds, des délais interminables et des interruptions de service. La réalité est sensiblement plus simple, à condition d’être bien accompagné.
Le test d’éligibilité fibre
Tout commence par un test d’éligibilité à l’adresse des locaux. Ce test détermine quelles technologies sont disponibles (FTTH, FTTO, ou les deux), quels opérateurs d’infrastructure desservent le bâtiment, et quels débits maximaux sont accessibles. Chez Napsis, ce diagnostic est réalisé gratuitement et permet d’obtenir en quelques jours une cartographie précise des options disponibles.
L’éligibilité dépend de deux facteurs principaux :
- le déploiement fibre dans la zone géographique,
- le raccordement effectif de l’immeuble. Il arrive fréquemment qu’une entreprise découvre que la fibre passe dans sa rue sans desservir son bâtiment, parce qu’aucune demande de raccordement n’a été formulée auprès du propriétaire ou du syndic.
Les quatre étapes du raccordement
Le raccordement suit un processus en quatre temps, identique dans ses grandes lignes que l’on opte pour du FTTH ou du FTTO (seuls les délais et l’ingénierie diffèrent).
La première étape est la prévisite technique. Un technicien se rend sur place pour évaluer le cheminement que prendra la fibre, depuis le point de raccordement extérieur jusqu’à la baie technique ou le local réseau de l’entreprise. Cette visite permet d’anticiper les éventuels obstacles (passage en façade, traversée de parties communes, chemin de câble à installer).
Vient ensuite le tirage physique de la fibre. Le câble optique est acheminé jusqu’aux locaux, soudé au point de branchement optique (PBO) et raccordé à une prise terminale optique (PTO) à l’intérieur des locaux. Pour une fibre FTTO, cette opération peut nécessiter des travaux de génie civil si aucun fourreau existant ne relie le bâtiment au réseau.
La troisième étape couvre la pose et la configuration du routeur. L’équipement est installé, paramétré selon les besoins de l’entreprise (VLAN, QoS, priorisation des flux) et raccordé au réseau interne.
La mise en service clôt le processus, avec des tests de débit, de latence et de bon fonctionnement des services souscrits. Chez Napsis, un chef de projet dédié pilote l’ensemble de ces étapes et reste l’interlocuteur unique de l’entreprise jusqu’à la validation finale.
Les délais à prévoir
Pour un raccordement FTTH sur un immeuble déjà fibré, la mise en service intervient généralement en deux à quatre semaines après la commande. Pour un raccordement FTTO nécessitant un tirage de fibre dédiée, le délai s’allonge à deux ou trois mois selon la complexité du cheminement. Ces délais sont comparables à ce que l’on observe pour les particuliers. Contrairement à une idée reçue, les professionnels ne bénéficient pas d’un traitement accéléré sur l’infrastructure, mais ils anticipent davantage en contactant directement les opérateurs télécoms plutôt qu’en attendant une notification d’éligibilité.
Éligibilité fibre entreprise : pourquoi votre voisin l’a et pas vous
C’est l’une des frustrations les plus courantes. L’entreprise du rez-de-chaussée bénéficie de la fibre depuis un an, mais vos locaux au troisième étage n’y ont pas accès. L’explication tient rarement à un problème technique.
Le déploiement de la fibre dans un immeuble repose sur un accord entre un opérateur d’infrastructure (ou opérateur d’immeuble) et le propriétaire ou le syndic de copropriété Cet accord prend la forme d’une convention qui encadre les conditions d’installation, de gestion et d’entretien du réseau. Sans cet accord, l’opérateur ne peut pas intervenir.
Si votre voisin est éligible et que vous ne l’êtes pas, la cause la plus probable est que le syndic ou le propriétaire de votre bâtiment n’a pas donné son autorisation, ou n’a tout simplement pas été sollicité. La bonne démarche est de contacter directement le syndic pour savoir si un opérateur d’immeuble a été retenu. Si ce n’est pas le cas, un argument pèse lourd dans la discussion. Le raccordement est gratuit pour l’immeuble tant que le propriétaire accepte dans un délai raisonnable. En revanche, deux refus consécutifs annulent cette gratuité et les frais de déploiement seront facturés au syndic ou au propriétaire lors d’une future demande.
Une fois la convention signée et l’infrastructure déployée par l’opérateur d’immeuble, les opérateurs commerciaux peuvent raccorder leurs offres sur le point de mutualisation de l’immeuble et commercialiser des abonnements aux entreprises du bâtiment.
Quand la fibre ne suffit pas : les alternatives et le backup
Miser la totalité de sa connectivité sur un seul lien fibre, aussi performant soit-il, présente un risque que trop d’entreprises sous-estiment. Un incident de génie civil (une pelleteuse qui sectionne un fourreau, un incendie dans un local technique) peut rendre n’importe quel lien inopérant, GTR ou pas.
Pour les organisations dont la continuité de service est non négociable, la mise en place d’un lien de backup sur un chemin physique différent est une précaution élémentaire. Plusieurs options existent. La plus courante associe un lien fibre principal à une connexion 4G ou 5G de secours, capable de prendre le relais automatiquement en cas de coupure. Le débit sera moindre, mais les applications critiques resteront fonctionnelles.
D’autres architectures s’appuient sur le SD-WAN pour agréger et basculer dynamiquement entre plusieurs liens (FTTO, FTTH, 4G) selon la disponibilité et la performance de chacun. Cette approche, de plus en plus adoptée par les entreprises multi-sites, transforme la gestion de la connectivité en un pilotage intelligent des flux, indépendant du support physique sous-jacent.
Questions fréquentes sur la fibre optique entreprise
Quelle différence entre opérateurs d’immeuble et opérateurs commerciaux ?
L’opérateur d’immeuble, aussi appelé opérateur d’infrastructure, se charge de déployer les câbles fibre à l’intérieur du bâtiment. Son intervention est encadrée par une convention signée avec le propriétaire ou le syndic. Une fois le réseau installé, cet opérateur ouvre l’accès à son infrastructure aux opérateurs commerciaux, qui sont ceux avec lesquels l’entreprise souscrit un abonnement. Les deux rôles sont distincts, et il arrive qu’un opérateur commercial ne soit pas disponible dans un immeuble donné parce qu’il n’a pas encore raccordé son réseau au point de mutualisation installé par l’opérateur d’immeuble.
Quel débit fibre choisir pour une PME de 50 salariés ?
Le dimensionnement dépend avant tout des usages. Pour cinquante collaborateurs utilisant des outils bureautiques en ligne, de la messagerie et de la visioconférence ponctuelle, un débit symétrique de 100 à 200 Mb/s constitue une base solide. Si l’entreprise manipule quotidiennement des fichiers lourds (plans CAO, vidéo, imagerie médicale), opère un ERP hébergé en interne, ou raccorde des sites distants, un lien FTTO à 500 Mb/s voire 1 Gb/s sera plus approprié. La symétrie du débit compte autant que sa valeur absolue : un lien à 200 Mb/s symétriques sert souvent mieux qu’un lien à 1 Gb/s descendant mais bridé à 200 Mb/s en montant.
La fibre FTTH peut-elle suffire pour une entreprise ?
La fibre FTTH, souvent présentée comme une solution exclusivement résidentielle par certains opérateurs, convient en réalité à de nombreuses PME. Ce jugement restrictif ne tient pas face à la réalité du terrain. Des milliers d’entreprises de dix à trente salariés fonctionnent parfaitement avec un lien FTTH pro, à condition que leur activité tolère l’absence de GTR. Le FTTH devient insuffisant lorsque la connexion porte des applications à haute criticité ou lorsque l’asymétrie du débit pénalise les flux montants. Pour toutes les autres situations, c’est une solution performante et économiquement rationnelle.
Peut-on combiner FTTH et FTTO ?
Non seulement c’est possible, mais c’est souvent la configuration la plus intelligente. L’utilisation d’un lien FTTO pour les flux critiques et d’un lien FTTH pour l’internet courant et le backup offre un équilibre optimal entre performance, résilience et maîtrise des coûts. C’est la stratégie que nous recommandons le plus fréquemment aux PME et ETI qui cherchent à rationaliser leur budget télécom sans sacrifier la disponibilité.
Comment convaincre un syndic de raccorder l’immeuble à la fibre ?
Deux arguments emportent généralement la décision. Le premier est financier : tant que le propriétaire ou le syndic accepte le raccordement dans les délais, l’opération est entièrement gratuite. Le second est réglementaire : après deux refus consécutifs, le coût de l’installation future sera à la charge de la copropriété. Présenter ces éléments par écrit lors d’une assemblée générale suffit dans la majorité des cas à débloquer la situation.
Mon entreprise peut-elle bénéficier d’aides pour le raccordement fibre ?
Dans les zones moins denses, où le déploiement fibre relève des réseaux d’initiative publique (RIP), certaines collectivités proposent des aides ou des subventions pour le raccordement des entreprises. Le Plan France Très Haut Débit a considérablement accéléré la couverture du territoire, mais des disparités subsistent. Un audit d’éligibilité complet, comme celui proposé par Napsis, permet de faire le point sur les aides locales mobilisables.
Le bon choix, c’est celui qui correspond à votre réalité
Résumer la question de la fibre pro à un match FTTH contre FTTO serait aussi réducteur que de juger un véhicule uniquement à sa vitesse de pointe. Le débit compte, la symétrie compte, la GTR compte, le prix compte. Mais aucun de ces critères pris isolément ne donne la réponse. C’est leur combinaison, mise en regard de la réalité opérationnelle de l’entreprise, qui dessine le bon choix.
Pour une TPE dont l’activité n’est pas dépendante du temps réel, une fibre FTTH pro à 50 € par mois fait parfaitement le travail. Pour un siège social qui centralise les flux de dix agences régionales et opère une téléphonie IP à cinquante postes, un lien FTTO avec GTR quatre heures n’est pas un luxe mais un prérequis. Et pour toutes les entreprises qui se situent entre ces deux profils, la stratégie la plus robuste reste souvent la combinaison des deux, portée par un opérateur capable de piloter l’ensemble de la chaîne.
C’est précisément le rôle que remplit Napsis : évaluer la criticité de votre connectivité, tester l’éligibilité de vos locaux, dimensionner le bon lien, piloter le raccordement, et assurer un suivi proactif une fois la connexion en production. Un test d’éligibilité gratuit permet de poser les premières bases de cette réflexion.